Test technique de recrutement : évaluer un développeur quand ChatGPT répond au quiz
Mis à jour le 27 octobre 2026 · 7 min de lecture
La réponse courte
Un test technique utile aujourd'hui combine trois choses : un quiz court pour filtrer les bases, une mise en situation (étude de cas ou exercice de code) proche du poste, puis des questions de relance sur la réponse du candidat. Le quiz seul se résout avec un assistant IA ; expliquer ses propres choix, beaucoup moins. En France, le candidat doit être informé à l'avance des méthodes utilisées, et la méthode doit être pertinente pour le poste.
Pourquoi le quiz seul ne suffit plus
Un QCM technique mesure la reconnaissance d'une bonne réponse parmi quatre. C'est rapide à corriger et utile pour écarter les profils qui ne connaissent pas les bases d'une technologie. Mais une question à choix multiple se copie en quelques secondes dans un assistant IA, qui y répond le plus souvent correctement.
Le quiz reste donc un premier filtre, pas une preuve de compétence. Il faut le garder court, chronométré côté serveur (un chronomètre dans le navigateur se contourne), et le compléter par une étape où le candidat produit quelque chose de personnel.
Les quatre formats de test technique, comparés
| Format | Ce qu'il mesure | Limite |
|---|---|---|
| Quiz (QCM) | Connaissances de base d'une technologie | Facile à résoudre avec une IA |
| Exercice de code | Capacité à produire un programme qui passe des tests | Le code peut être généré ; il faut des tests cachés et regarder comment il a été écrit |
| Étude de cas écrite | Raisonnement, choix d'architecture, priorités | Plus longue à corriger |
| Questions de relance | Compréhension réelle de sa propre réponse | N'a de sens qu'après une réponse écrite |
Les questions de relance : demander au candidat d'expliquer ses choix
En entretien, un bon recruteur technique ne s'arrête pas à la réponse : il demande pourquoi ce choix, ce qui se passe si la charge double, ce que le candidat ferait différemment. C'est la partie la plus difficile à déléguer à une IA, parce qu'elle porte sur ce que le candidat vient d'écrire.
Le même principe s'applique à distance. Après l'étude de cas, trois questions générées à partir de la réponse du candidat, avec un temps limité, montrent s'il a compris ce qu'il a rendu. Dans Hirlya, c'est l'étape « questions de relance » : l'IA pré-évalue les réponses avec ses raisons, et le recruteur relit et décide.
Construire le test : un déroulé type pour un développeur
- Préqualification (2 min) : disponibilité, préavis, salaire ou TJM, mode de travail. Ces réponses ne sont pas notées.
- Quiz technique (≈ 20 min) : une vingtaine de questions sur la technologie du poste, réparties par niveau.
- Étude de cas (≈ 30 min) : une situation réelle, avec un schéma, adaptée au niveau visé. Le candidat répond point par point. Voir notre guide de l'étude de cas en entretien.
- Questions de relance (15 min) : trois questions sur sa propre réponse.
- Exercice de code (optionnel, 30 à 45 min) : un ou deux problèmes en contexte métier, notés sur des tests que le candidat ne voit pas.
- Entretien : le recruteur part des réponses et des signaux relevés, pas d'une page blanche.
Au total, comptez environ 1 h 15 pour le candidat. Au-delà, le taux d'abandon des bons profils, souvent déjà en poste, augmente : chaque étape doit servir la décision.
Triche : surveiller ou poser de meilleures questions ?
La réponse la plus répandue à la triche est la surveillance : webcam, enregistrement d'écran, détection d'onglets. Elle est intrusive, se contourne avec un second appareil et dégrade l'expérience des candidats que vous voulez convaincre.
L'autre approche consiste à rendre la triche peu rentable : des tests cachés qui ne quittent jamais le serveur, des copier-coller volumineux signalés (et annoncés au candidat avant de commencer), et surtout des questions sur la réponse du candidat. C'est le choix fait dans Hirlya : ni webcam, ni enregistrement d'écran.
Ce que la loi impose en France
Le Code du travail encadre les méthodes d'évaluation des candidats. L'article L1221-8 impose d'informer expressément le candidat, avant leur mise en œuvre, des méthodes et techniques d'aide au recrutement utilisées ; les résultats sont confidentiels, et les méthodes doivent être pertinentes au regard du poste. L'article L1221-9 interdit de collecter une information sur un candidat par un dispositif qui n'a pas été porté à sa connaissance au préalable.
Au niveau européen, le règlement sur l'intelligence artificielle (règlement (UE) 2024/1689) classe parmi les systèmes à haut risque, à son annexe III, les systèmes d'IA destinés au recrutement ou à la sélection, notamment pour analyser et filtrer les candidatures et évaluer les candidats. Concrètement : informer le candidat, garder un humain qui décide, et pouvoir expliquer une note.
Questions
Combien de temps doit durer un test technique ?
Environ une heure à une heure et quart pour l'ensemble des étapes à distance. Un quiz seul se fait en 15 à 20 minutes ; une étude de cas en 30 minutes ; un exercice de code entre 30 et 45 minutes.
Faut-il prévenir le candidat qu'il passe un test technique ?
Oui. En France, l'article L1221-8 du Code du travail impose d'informer expressément le candidat, avant leur mise en œuvre, des méthodes d'évaluation utilisées.
Comment éviter qu'un candidat utilise ChatGPT pendant le test ?
Il est difficile de l'empêcher. Il est plus efficace de poser des questions sur sa propre réponse (questions de relance), de garder les tests de code cachés côté serveur et de signaler les copier-coller volumineux.